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Neuf tolérances zéro en matière de santé et sécurité au travail

Dans le but de mobiliser les efforts de l'industrie et de réduire au maximum les risques d'accidents, la CNESST a identifié 9 cibles prioritaires sur lesquelles l’emphase est mise lors de leurs interventions. Sachez comment vous y conformer afin d’éviter des dérogations ou un constat d’infraction.

La suite
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Neuf tolérances zéro en matière de santé et sécurité au travail

Les conséquences pour votre organisation

 

Une infraction à la loi ou aux règlements sur la santé et la sécurité au travail pourrait avoir de graves conséquences pour votre organisation. En cas de manquement à l’une ou plusieurs de ces neuf cibles, la CNESST peut :

  • Ordonner la suspension des travaux ou l’arrêt d’un équipement (LSST, art. 186)

 

  • Les fautifs seront passibles de poursuites pénales et être mis à l’amende (LSST art. 236 et 237)

 

1. Chutes de hauteur de plus de trois mètres

Les travailleurs de nombreux secteurs sont exposés aux risques de chutes de hauteur qui peuvent engendrer de très graves blessures. Les employeurs doivent donc prendre les mesures nécessaires afin de garantir la sécurité de leurs employés.

L’employeur doit :

– Lorsque les travailleurs sont exposés à des risques de chute d’une hauteur de plus de trois mètres, prévoir l’installation d’un moyen ou d’un équipement de protection collective, tel un garde-corps

Selon la situation de travail, une ou plusieurs des mesures suivantes doivent aussi être mises en place :

– L’organisation du travail doit prioriser la réalisation des tâches à partir du sol
– L’utilisation des équipements de protection personnels doit se faire conformément à la réglementation
– Les garde-corps ou tout autre moyen de protection collectif doivent être conçus conformément à la réglementation
– Les employés doivent recevoir une formation sur les risques applicables et les mesures de sécurité mises en place
– Et plus encore

Pour plus d’informations, cliquez ici.

2. Chutes de hauteur à partir d’une échelle

Lorsque l’échelle est utilisée par les travailleurs pour des tâches de courte durée (moins d’une heure), les règles de sécurité suivantes doivent être respectées.

Si l’échelle est utilisée comme moyen d’accès : 

– Elle doit être installée sur une base stable, fixée solidement, et dépasser le palier supérieur d’au moins 900 millimètres
– Le travailleur doit avoir les mains libres afin de monter ou descendre dans l’échelle et toujours conserver trois points d’appui

Si l’échelle est utilisée comme poste de travail :

– Elle doit être installée sur une base stable
– Prévoir l’utilisation d’une protection contre les chutes, telle un harnais, si le travailleur est exposé à une chute de plus de 3 mètres du sol
– La méthode de travail utilisée doit permettre au travailleur de maintenir son corps entre les montants de l’échelle et conserver trois points d’appui à tout moment

Autres mesures de prévention à mettre en place :

– S’assurer que l’échelle ou l’escabeau utilisé est conforme à la réglementation
– Inspecter régulièrement les échelles et les escabeaux afin de vérifier leur état
Former les travailleurs sur l’utilisation sécuritaire des échelles et escabeaux
– Et plus encore

Pour plus d’informations, cliquez ici.

3. Contact avec une pièce en mouvement d’une machine

Pour les secteurs de la construction, de l’agriculture, de l’ébénisterie, de la transformation alimentaire ou pour tout travail en usine, les travailleurs qui utilisent une machine ou un outil doivent pouvoir le faire de façon sécuritaire en tout temps. L’employeur doit donc mettre en place des mesures précises afin de s’assurer que les employés ne soient jamais en contact direct avec une zone dangereuse d’un équipement.

L’employeur doit :

– Mettre en place des dispositifs de protections ou des protecteurs pour prévenir l’accès aux pièces en mouvement d’une machine lorsque celle-ci fonctionne

Autres mesures de prévention à mettre en place :

– Élaborer et mettre en application des mesures visant à identifier, à corriger et à contrôler les dangers liés aux zones dangereuses des équipements sous son autorité
– S’assurer de la sécurité des nouvelles machines de l’organisation avant leur mise en opération
– S’assurer que les protecteurs ou les dispositifs de protection remplacés sur un équipement offrent une sécurité au moins équivalente à ceux d’origine
– Adopter des méthodes de travail permettant d’éloigner le travailleur de la zone dangereuse d’un équipement, tel que des poussoirs ou des gabarits
– Inspecter régulièrement les machines afin de vérifier que tous les protecteurs et dispositifs de sécurité sont en place et en bon état
– Et plus encore

Pour plus d’informations, cliquez ici.

4. Électrisation avec une ligne électrique sous tension

Une chute avec lésion, une électrocution, une électrisation ou même une brûlure sévère sont toutes des conséquences potentielles d’un contact avec une ligne électrique sous tension ou d’une mauvaise approche de celle-ci. Employeurs et travailleurs doivent donc prioriser à tout prix les travaux hors tension. Lorsque cette approche ne peut être envisagée pour des raisons techniques obligatoires, des mesures de sécurité strictes doivent être mises en place.

Lorsque des travaux doivent être effectués près d’une ligne électrique aérienne, l’employeur doit s’assurer que les mesures de prévention suivantes sont mises en place, en ordre de priorité :

  1. La ligne électrique est mise hors tension
  2. Si cela est impossible, une convention écrite est établie avec l’entreprise d’exploitation d’énergie telle qu’Hydro-Québec sur les mesures de sécurité à prendre
  3. En tout temps lors des travaux, les personnes, les pièces, les équipements, et les éléments de machinerie se situent plus loin de la ligne électrique que les distances minimales d’approche*
  4. La machinerie utilisée est munie d’un dispositif limiteur de portée permettant de respecter les distances d’approches prévues
  5. Les employés sont adéquatement formés

Selon la situation de travail, une ou plusieurs des mesures suivantes doivent aussi être mises en place :

– Dans les cas où le travail s’effectue sur un chantier de construction, aviser la CNESST des travaux effectués près d’une ligne électrique dans l’avis d’ouverture du chantier
– Avant d’effectuer des travaux de creusement, procéder à un repérage par Info-Excavation
– Et plus encore

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Distances de sécurité à respecter lors de travaux à proximité d’une ligne électrique* :

– 3 m d’une ligne électrique de moins de 125 kV
– 5 m d’une ligne électrique de 125 à 250 kV
– 8 m d’une ligne électrique de 250 à 550 kV
– 12 m d’une ligne électrique de plus de 550 kV

5. Effondrement d’un échafaudage

L’utilisation d’un échafaudage s’accompagne de différents risques, tels que l’effondrement ou le renversement de la structure. Pour assurer la sécurité des travailleurs, certaines mesures doivent être mises en place.

L’employeur doit :

– Amarrer solidement l’échafaudage à un bâtiment ou à une structure au moyen d’ancrages, ou au sol au moyen d’haubans
– S’assurer que les montants métalliques reposent sur des plaques et des madriers

Selon la situation de travail, une ou plusieurs des mesures suivantes doivent aussi être mises en place :

– Faire en sorte que les planchers aient une largeur minimale de 470 mm, soient libres de tout obstacle et installés de sorte qu’ils ne puissent ni glisser, ni basculer. Les bords doivent être situés à moins de 350 mm de la construction
– L’accès au plancher de travail doit se faire sans obstacle, notamment par une échelle, un escalier ou par l’intérieur du bâtiment
– Les éléments constitutifs de l’échafaudage doivent être en bon état et correctement installés selon les recommandations du fabricant
– Les échafaudages doivent être munis de garde-corps lorsque les travailleurs qui s’y trouvent sont exposés à un danger de chute de plus de 3 mètres
– Les roues et les roulettes d’un échafaudage mobile doivent être munies de freins ou d’un autre dispositif de blocage
– L’échafaudage doit être installé loin des lignes électriques
– Et plus encore

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6. Effondrement des parois d’un creusement non étançonnées

Malheureusement, chaque année des travailleurs restent coincés ou sont ensevelis dans des tranchées ou des creusements alors qu’ils y travaillent. Ce type d’accident cause en majorité des lésions irréversibles, c’est pourquoi certaines règles doivent être respectées.

L’employeur doit respecter minimalement l’une des mesures suivantes lors de travaux de creusement, selon la situation :

– L’étançonnement est privilégié, les parois sont étançonnées solidement, avec des matériaux de qualité et conformément aux plans et devis d’un ingénieur
– Le creusement est effectué sur du roc sain
– Il n’est pas nécessaire pour un travailleur de descendre dans le creusement
– Les parois ne présentent pas de danger de glissement de terrain ET un ingénieur atteste qu’il n’est pas nécessaire d’étançonner. L’angle des parois de l’excavation ou de la tranchée correspond à l’angle de repos naturel du type de sol à excaver

Selon la situation de travail, une ou plusieurs des mesures suivantes doivent aussi être mises en place :

– Les matériaux sont déposés à plus de 1,2 mètre du sommet des parois
– Les véhicules et les machines circulent ou sont stationnés à plus de 3 mètres des parois, à moins qu’un étançonnement renforcé n’ait été prévu en conséquence
– L’étançonnement se prolonge de 300 mm en dehors de l’excavation, sauf dans le cas d’une tranchée creusée sur une voie publique lorsque cette tranchée doit être recouverte pour rétablir la circulation lors des périodes où il ne s’y fait pas de travaux
– Lorsque des travailleurs sont dans une tranchée, l’employeur poste une personne expérimentée en surface afin de déceler les failles, les éboulements ou toute autre source de danger

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7. Exposition aux poussières d’amiante

L’exposition prolongée à la poussière d’amiante est susceptible de développer des maladies pulmonaires, des troubles respiratoires et même le décès chez les travailleurs exposés. En raison de ses effets nocifs pour la santé, l’exposition aux poussières d’amiante doit être réduite au minimum.

Pour réduire l’exposition des travailleurs aux poussières d’amiante, l’employeur doit :

– Vérifier la présence d’amiante et son type, le cas échéant, avant d’entreprendre un travail susceptible d’émettre de la poussière d’amiante
– Fournir au travailleur un appareil de protection respiratoire approprié lorsque celui-ci est exposé aux poussières d’amiante. Il est aussi recommandé de procéder à des essais d’ajustement de protection respiratoire afin d’assurer que l’équipement est bien adapté et que les travailleurs sont formés pour les utiliser
– Contrôler l’émission de poussière avant d’entreprendre un travail sur des matériaux ou des produits, y compris sur des flocages et des calorifuges, contenant de l’amiante ou susceptible d’en contenir

Selon la situation de travail, une ou plusieurs des mesures suivantes doivent être prises par l’employeur pour réduire l’exposition des travailleurs :

– Privilégier des méthodes permettant de limiter la dispersion de poussière au maximum telles une enceinte étanche, une ventilation, l’aspiration à l’aide d’un système haute efficacité, etc.
– Fournir au travailleur les vêtements de protection conformément à la nature des travaux
– Dresser et maintenir à jour un registre sur la gestion sécuritaire de l’amiante
– Réparer ou enlever les matériaux endommagés qui sont susceptibles de contenir de l’amiante (MSCA)
Former et informer les travailleurs sur les risques, les méthodes de prévention et les méthodes de travail sécuritaires avant d’entreprendre des travaux susceptibles d’émettre de la poussière d’amiante
– Et plus encore

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Nous vous conseillons d’être accompagnés par une équipe d’experts en prévention pour réaliser ces mesures préventives

8. Exposition aux poussières de silice 

La silice pouvant se retrouver dans le sable, la roche, le marbre ou le granit peut causer de graves maladies pulmonaires chez les travailleurs exposés. Lorsque ceux-ci coupent ou polissent ces minéraux, ils s’exposent à des fines poussières. Non contrôlée, cette exposition peut entraîner des maladies professionnelles telles que la silicose et parfois même le décès du travailleur.

Pour contrôler les risques de cette exposition, voici les mesures préventives à mettre en place :

– Pour contrôler les émissions de silice cristalline à la source, utilisez des procédés humides, des équipements munis d’un système de captation à la source ou des systèmes de ventilation locale
– Un programme de protection respiratoire doit être élaboré et les travailleurs doivent être formés sur le port, l’entretien et l’entreposage des appareils de protection respiratoire
– Les travailleurs exposés doivent porter un appareil de protection respiratoire approprié
– Les travailleurs sont formés sur les risques liés à l’exposition à la silice cristalline et sur l’utilisation des moyens permettant le contrôle des émissions
– Les équipements utilisés pour prévenir l’émission de poussières sont inspectés, en bon état et fonctionnent de façon optimale pendant les heures d’exploitation

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9. Roches instables

Les roches instables qui se trouvent aux toits ou aux parois des excavations minières souterraines peuvent tomber sur un travailleur et entraîner de graves conséquences. Différentes vérifications doivent être réalisées afin d’assurer la stabilité d’une excavation souterraine et ainsi éviter les accidents.

Pour contrôler les dangers liés aux roches instables, l’employeur doit :

– S’assurer que le toit et les parois de chaque excavation souterraine sont exempts de roches instables
– Obtenir les plans et devis d’un ingénieur avant d’entreprendre une excavation souterraine et s’assurer que ceux-ci sont mis à jour à mesure de l’avancement des travaux

Selon la situation de travail, une ou plusieurs des mesures suivantes doivent aussi être mises en place:

– Fermer tous les accès à une excavation souterraine délaissée et apposer des affiches pour interdire l’accès à chacun des points de fermeture
– Dispenser la formation aux employés selon les modules I, II, III, IV, V et VI du cours de formation modulaire du travailleur minier publié par la Commission scolaire de l’Or-et-des-Bois et détenir une attestation à cet effet
– Et plus encore

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