Mis à jour le 15 octobre 2025
Les risques psychosociaux au travail
Les risques psychosociaux sont maintenant au cœur des obligations SST. La Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail oblige les employeurs à identifier, analyser et corriger ces risques pour protéger la santé psychologique et respecter les exigences de la CNESST.
De nouvelles obligations pour les employeurs du Québec
En santé et sécurité du travail, l’époque où l’on se limitait à prévenir les chutes et les blessures physiques est révolue. Depuis l’entrée en vigueur de la Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail (LMRSST – Loi 27), le Québec franchit un cap historique.
- Octobre 2021 :
l’article 51 de la LSST précise explicitement l’obligation pour tout employeur d’assurer la sécurité et l’intégrité psychique des travailleurs. - 6 avril 2022 :
entrée en vigueur de l’obligation d’intégrer les risques psychosociaux (RPS) à l’analyse de risques SST. - 1 octobre 2025 :
Tous les employeurs doivent maintenant tenir compte des risques psychosociaux dans leur démarche de prévention.
Ces précisions confirment que les RPS ne sont plus seulement une question de bonne pratique, mais une obligation législative pour toutes les entreprises, peu importe leur taille. Il est important de bien comprendre ce que sont les RPS et leurs impacts potentiels sur les employés et l’organisation afin de mettre en place des moyens pour gérer ces risques de manière efficace et efficiente.
Qu’est-ce que les risques psychosociaux ?
Selon l’INSPQ, les risques psychosociaux du travail sont des facteurs liés à l’organisation du travail, aux pratiques de gestion, aux conditions d’emploi et aux relations sociales. Ces facteurs augmentent la probabilité d’engendrer des effets néfastes sur la santé physique et psychologique des travailleurs.
Impacts des risques psychosociaux sur les travailleurs
Depuis quelques décennies, la littérature scientifique démontre que certaines pratiques de gestion ou une organisation déficiente augmentent les risques de problèmes de santé mentale et physique (INSPQ – Risques psychosociaux).
Les études révèlent que l’exposition à un ou plusieurs risques psychosociaux entraîne :
- 1,4 à 4 fois plus de risque d’accident de travail
- 1,5 fois plus de risque d’accident vasculaire cérébral (AVC)
- 2 fois plus de risque de détresse psychologique
- 1,5 à 4 fois plus de risque de troubles musculosquelettiques
- 2 à 2,5 fois plus de risque de maladie cardiovasculaire
Comme pour d’autres risques professionnels (ex. physiques ou chimiques), l’intensité et la durée d’exposition amplifient ces effets négatifs. Concrètement, cela se traduit par une augmentation des cas d’épuisement professionnel, d’anxiété, de dépression, de troubles du sommeil et d’abus de substances, entraînant souvent des absences prolongées et un retour au travail plus difficile.
Impacts des risques psychosociaux pour les organisations
Les impacts des risques psychosociaux ne se limitent pas à la santé des employés : ils touchent directement la performance et les finances de l’entreprise.
Coûts économiques : hausse de l’absentéisme, du roulement du personnel, du recrutement et de la formation.
Productivité : diminution de la qualité des produits et services, perte d’efficacité opérationnelle.
Image et climat de travail : détérioration de la réputation, baisse d’engagement et de satisfaction des équipes, difficultés d’attraction et de rétention des talents.
Trois principaux risques psychosociaux retenus par la CNESST
1. Le harcèlement au travail
Peut être psychologique, sexuel, discriminatoire ou numérique. Il s’agit d’une conduite vexatoire, abusive, humiliante ou blessante qui se manifeste par des paroles, des gestes ou des comportements répétés, hostiles, agressifs, menaçants ou non désirés. Une seule conduite grave peut aussi être du harcèlement si elle entraîne des conséquences négatives durables pour la personne qui en est victime.
2. La violence en milieu de travail
Sous diverses formes (verbale, physique, familiale, conjugale, à caractère sexuel) elle se définit comme toute action, tout incident ou tout comportement qui s’écarte d’une attitude raisonnable et qui provoque une situation où une personne est attaquée, menacée, lésée ou blessée dans le cadre ou du fait direct de son travail. Elle comprend également la violence conjugale, familiale ou à caractère sexuel.
3. L’exposition à un événement potentiellement traumatique
Se définit par le fait d’être exposé à un événement où il y a mort, blessure sérieuse, menace à la vie ou à l’intégrité physique ou psychologique d’une personne dans le cadre de son travail. La personne peut en être directement victime ou témoin ou indirectement (ex. un proche lui décrit la situation).
Pour plus d’informations, consultez la page descriptive de la CNESST.
L’apparition de ces risques psychosociaux sont généralement le résultat de facteurs de risques psychosociaux peu ou pas contrôlés.
Les principaux facteurs de risques psychosociaux sont :
La charge de travail, l’autonomie décisionnelle, la reconnaissance, le soutien social et la justice organisationnelle.
Comment identifier les risques psychosociaux au travail ?
Présents dans tout type d’organisation, les RPS sont notamment liés aux tâches et aux procédures de travail à réaliser, à l’environnement et à l’organisation du travail, de même qu’au type de supervision en place.
Trois ressources pour mieux les comprendre :
- Formation sur les risques psychosociaux en milieu de travail
- Institut national de santé publique du Québec – INSPQ
- Centre canadien d’hygiène et de sécurité du travail
Pour identifier les risques psychosociaux spécifiques à votre organisation, il est judicieux de lancer un sondage confidentiel auprès de vos employés ou d’utiliser les services d’un professionnel en prévention des risques SST.
Pour en savoir davantage sur l’identification des risques psychosociaux, consultez cet article de blogue.
Gérer proactivement et efficacement les risques psychosociaux au travail
Les moyens utilisés pour gérer les risques psychosociaux peuvent être adaptés pour chacune des organisations. En effet, il n’est pas réaliste de penser qu’une PME disposant de ressources financières, matérielles et humaines limitées puisse mettre en place un système de gestion aussi développé qu’une grande organisation disposant de ressources dédiées. Dans le même ordre d’idées, une organisation manufacturière n’a pas les mêmes préoccupations qu’une entreprise de services.
Cependant, il existe des facteurs de succès applicables à tous pour garantir une gestion efficace et efficiente :
- Démontrer l’engagement et le leadership de l’équipe de direction pour garantir le succès de la démarche
- Impliquer et faire participer les travailleurs dans les processus de gestion des RPS
- Garantir la confidentialité des données recueillies lors de l’analyse des RPS et mettre en place une collecte de données adaptée pour cibler les besoins et dégager les priorités
- Élaborer un plan d’action découlant des besoins et des priorités dégagés
- Évaluer les actions réalisées et appliquer les correctifs (si nécessaire)
- Utiliser des procédures efficaces visant le maintien et le retour au travail des travailleurs
Besoin d'aide?
Pour en savoir plus sur la gestion efficace des risques psychosociaux, n’hésitez pas à contacter notre équipe de professionnels qui saura vous guider et vous accompagner dans l’implantation de votre démarche.
Article rédigé par :
Katy Boucher
Directrice du mieux-être au travail
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